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Brazzaville, capitale du Congo,19 mars 2016. Un supporter de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko, candidat contre Sassou Nguesso
Brazzaville, capitale du Congo,19 mars 2016. Un supporter de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko, candidat contre Sassou Nguesso

Par Joan Tilouine LE MONDE Le 20.03.2016 à 16h45 • Mis à jour le 21.03.2016 à 13h16

Denis Sassou-Nguesso, dit-on, rêvait de marquer l’histoire du continent africain, de laisser de lui l’image d’un architecte de la stabilité, d’un « homme de paix ». Mais le chef d’Etat congolais, qui veut aussi se succéder à lui-même lors de l’élection présidentielle de ce dimanche 20 mars, se retrouve pris dans le piège de son propre système, aveuglé par le pouvoir et la nécessité de le garder.

La constitution qui l’empêchait de se représenter ? La voilà changée en octobre 2015 lors d’un référendum contesté par tous, sauf par lui et son parti. Il passe en force. Et c’est bien là la principale faiblesse de cet ancien général putschiste devenu chef de guerre et président. L’alternance réclamée par une partie des Congolais ? Il n’en veut pas, pour le moment. Lui seul décidera quand le moment sera venu.

« Manque de vision »

Denis Sassou-Nguesso aime à rappeler sa présence au protocole de Brazzaville, en 1988, et son rôle pour l’indépendance de la Namibie. A 72 ans, usé par trente-deux ans de pouvoir dont de longs mois de guerre civile, il ne manque pas de montrer les photographies de lui-même aux côtés de Nelson Mandela, en 1991, à Brazzaville. Une scène qu’il répète dans le documentaire à sa gloire, « Le pouvoir et la vie », co-réalisé par François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique et diffusé sur la télévision publique quelques jours avant l’élection présidentielle. Le documentaire oublie de mentionner que M. Mandela a quitté le pouvoir en 1999, après un seul mandat de cinq ans.

Ces dernières années, devant les diplomates occidentaux et régionaux, M. Sassou-Nguesso a joué le rôle qu’il préfère : médiateur de la crise en Centrafrique. « Il n’a que très rarement évoqué les difficultés du Congo. Il aime discuter de la situation régionale, dit un diplomate. Son régime tient le pays mais le principal problème du Congo, c’est la gouvernance économique, et le manque de vision de Sassou. »

A défaut de vision, le candidat s’est présenté durant cette campagne, qui s’est tenue du 4 au 18 mars, comme un bâtisseur au sens premier du terme. Routes, ponts, usine, université, hôpital, le président Denis Sassou-Nguesso a inauguré en grande pompe une série de chantiers à travers le pays, qu’il a sillonné en jet privé et en convoi escorté par l’armée, n’hésitant pas à mobiliser des moyens de l’Etat et des ministres pour sa campagne.

Le bâtisseur et son clan

Kintélé, à une vingtaine de kilomètres au nord de Brazzaville, est la vitrine de cette folie des grandeurs qui réjouit les patrons chinois de sociétés de construction. Plus de 800 millions d’euros ont été dépensés par l’Etat pour bâtir un stade de 60 000 places qui n’a servi que deux semaines, pour les XIe jeux africains de Brazzaville en 2015, et pour lancer le chantier de la future Université Denis Sassou-Nguesso. « Il a transformé une vision théorique du développement en pratique, il mise sur les infrastructures, abonde un patron français qui lui est resté fidèle. Sassou reste car il n’a trouvé personne pour lui succéder, le moins bien est mieux que le pire. »

Parmi le « pire », il y a peut-être des opposants inexpérimentés et revanchards. Et dans son propre camp, son fils cadet, Denis Christel Sassou-Nguesso. Surnommé « Kiki », cet homme d’affaires, pétrolier réputé corrompu et député d’Oyo, le village familial, a caressé le rêve de succéder à son père. En vain. « Tu imagines un Zaïrois à la tête du Congo ? », dit en privé Denis Sassou-Nguesso à son sujet, rappelant l’origine de l’autre côté du fleuve, en République démocratique du Congo, de sa défunte épouse et mère de « Kiki ».

De son palais présidentiel, boulevard Denis Sassou-Nguesso, l’ancien agent de renseignement règne en maître absolu. Il gouverne seul, entouré des siens, ceux qui lui sont restés fidèles durant sa « traversée du désert » après sa défaite électorale en 1992 face à Pascal Lissouba. Battu, il se réfugie dans son village d’Oyo, au nord du pays, puis s’installe avenue Rapp, à Paris, plein d’amertume. Il se sent trahi, abandonné par son « ami » Jacques Chirac et par les pétroliers d’Elf (devenu Total). Lesquels le soutiendront pourtant dans sa reconquête du pouvoir par les armes en 1997, avec l’appui militaire de l’Angola. Encore aujourd’hui, il ressent comme une humiliation cet exil parisien ennuyeux et long de près de cinq ans. Sa gouvernance clanique, empreinte d’un zeste de paranoïa et d’interminables calculs d’arithmétique politico-tribale, le rassure.

« Le peuple n’a rien »

A ses côtés, il y a désormais sa fille Claudia, députée et conseillère de son père pour la communication et quelques affaires stratégiques. Son fils Edgard est à la tête du domaine présidentiel. Ses cousins, neveux, et autres membres éminents de son ethnie Mbochi parsèment l’organigramme du régime. Les querelles de pouvoir et de répartition des revenus du pétrole massivement détournés se résolvent en conseil de familles, ou chez les sages d’Oyo.

Entre-temps, des enquêtes ont été ouvertes en France, au Portugal et en Suisse, où les dépenses extravagantes de la famille ont attiré l’attention de la justice et des ONG anti-corruption. « Le président est las de ces affaires et des dérives de ses enfants devenus millionnaires sans rien faire. Ça l’use et attriste », entend-on dans son entourage. Pourquoi alors occupent-ils des postes stratégiques au sein de l’Etat et du secteur pétrolier ? « Il n’a plus le choix, il est en quelque sorte prisonnier de son clan », estime un diplomate africain, habitué du palais présidentiel de Brazzaville.

Le contexte ne lui est plus favorable : les cours du baril se sont effondrés, les agences de notation ont abaissé la note du pays, la dette se creuse et devrait atteindre 48 % du PIB en 2017, selon Moody’s. Et plus de 50 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté. « Le Congo a gagné en 2013 plus de 5 milliards de dollars, mais nul ne sait où va cet argent,s’indigne l’ancien ministre des hydrocarbures (1993-1997), Benoît Koukébéné, opposant virulent au régime. Le bilan de Denis Sassou-Nguesso ? A part quelques routes, qu’a-t-il fait ? L’économie est en lambeaux, son clan vit dans l’opulence et le peuple n’a rien. »

Un constat partagé au sein d’une opposition hétéroclite menée notamment par d’anciens ministres de Denis Sassou-Nguesso et de Pascal Lissouba et par le celui qui veut incarner une troisième voie, le général Jean-Marie Michel Mokoko, 69 ans, candidat sans parti. Cet ancien chef d’Etat major et ancien conseiller du président semble être aujourd’hui un trait d’union entre les différents leaders de l’opposition, et cristalliser l’espoir de l’alternance.

Dans l'attente des futurs Sangô Ti Kodrô, nous n’en dirons pas trop, mais juste assez pour que votre curiosité soit piquée !!!


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